Artiste originale et indépendante, elle crée ses premières œuvres avant d’atteindre l’âge de 21 ans. Elle assoit sa renommée lors de l’Expo universelle de Paris en 1937 où elle tient un stand. Elle y présente une collection diversifiée reprenant ses célèbres boutons en bronze, mais aussi des colliers, des bracelets, des boucles d’oreilles ainsi que de nombreux autres accessoires de modes. Sa collection reçoit un certain engouement. L’année suivante, à l’âge de 28 ans, elle ouvre sa première boutique non loin des Champs Elysées.
Au début des années 1940, elle élargit sa gamme en créant des boîtes en bronze - poudriers, cendriers, piluliers - qui feront sa renommée. Elle épouse en 1942 J.A Bonnaud 1917-1980. Leur fille Marie-Laure Bonnaud-Vautrin (née en 1943) a poursuivi dans la voie familiale. Ils s’installent dans le quartier du Marais, dans un hôtel particulier qu’ils rénovent entièrement et qui servira de toile de fond pour la présentation des œuvres de Line. Jacques-Armand Bonnaud met tout en œuvre pour que Line ait davantage de visibilité. La presse magazine montre alors un intérêt croissant pour ses créations qui suscitent un réel enthousiasme.La séparation du couple, vers la fin des années 1950 marque un tournant dans l’évolution artistique de Line Vautrin.
Elle s’intéresse à une nouvelle substance : l’acétate de cellulose, dont elle tire un nouveau matériau baptisé « talosel ». Elle façonne, taille, chauffe cette nouvelle matière pour créer des articles de décoration qui lui ont permis d’optimiser l’utilisation de cette matière. Elle crée des objets de toutes sortes dont des culots de lampes, des paravents, des tables et surtout ses célèbres miroirs : miroirs sorcière, miroirs convexes, miroirs déformants dont les cadres finement ciselés ne demandent qu’à raconter une histoire. Le travail de Line Vautrin est toujours accompagné d’une touche espiègle et poétique. Son humour facétieux et ludique transparaît entre autres dans les rébus qui ornent ses créations.
La boutique qu’elle ouvre sur la Rive Gauche lui attire une clientèle nouvelle. Toutefois, Line Vautrin tient plus de la créatrice que du manager. Ainsi, la prochaine étape de sa vie l’amène à devenir la directrice d’une école où seront enseignées quelques-unes de ses techniques les plus créatives. Ses élèves sont autant des femmes désireuses de remplir leur temps libre que des artisans à la recherche de nouvelles techniques. Au début des années 80, elle décide de fermer l’école et se retire dans un petit appartement où elle continue à créer ses œuvres qu’elle vend au compte-gouttes.
David Gill joue un rôle prépondérant dans la redécouverte de Line Vautrin. Il organise des expositions dans le monde entier ce qui permet à Line de voyager énormément – ce qu’elle ne s’était jamais permis de faire auparavant.
En 1992, elle reçoit le Prix national des Métiers d’Art pour ses recherches sur les techniques de décoration. Elle décède brutalement d’un arrêt cardiaque le 12 avril 1997, deux ans avant sa rétrospective au musée des arts décoratifs de Paris.
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