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BIOGRAPHIE
Émile Friant naît à Dieuze en Moselle en 1863 dans une famille modeste. Son père est serrurier et sa mère couturière. Une cliente de cette dernière, madame Parisot, s’intéresse au jeune Émile et lui permettra par la suite de poursuivre ses études.
A la suite de la guerre franco-prussienne de 1870, une partie du territoire français est annexée par l’Allemagne (« l’Alsace-Lorraine »). Dieuze se situant dans les territoires annexés, la famille se réfugie à Nancy, restée française. De 1874 à 1879, Émile Friant fréquente l’école des Beaux-arts de Nancy. Son professeur, Théodore Devilly (1818-1886) est un peintre du courant romantique, ami d’Eugène Delacroix (1798-1863), le chef de file du mouvement. Friant rencontre à l’école Victor Prouvé (1858-1943) et Friant est aussi un grand sportif qui pratique l’escrime, la marche et le canotage.
Émile Friant est un élève doué. Dès l’âge de quinze ans, en 1878, il expose au salon des Beaux-arts de Nancy un tableau intitulé La porte Saint Georges et son autoportrait (ci-dessus). Pour progresser, le jeune homme doit suivre un enseignement artistique de plus haut niveau à Paris. Ses parents ne pouvant pas financer un séjour dans la capitale, Devilly le recommande aux autorités communales et départementales et il obtient une bourse.
En 1879, il entre à l’École des Beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel (1823-1889) l’un des chefs de file du courant académique. Dès cette première année aux Beaux-arts, il expose au Salon officiel et obtient une mention honorable pour L’enfant prodigue.
En 1883, il obtient le Second grand prix de Rome avec un tableau intitulé Œdipe maudit son fils Polynice. En 1885, il rencontre Constant Coquelin (1841-1909), l’un des plus grands comédiens français de l’époque qui créa en 1897 le rôle du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Coquelin devint l’un des principaux mécènes de Friant. Au cours de l’année 1886, Friant voyage à l’étranger, d’abord en Belgique et aux Pays-Bas avec les peintres Henri Royer et Armand Lejeune, puis en Italie avec Constant Coquelin.
La consécration arrive très vite. En 1889 – il a 26 ans – il présente La Toussaint au Salon des Beaux-arts. Cet immense tableau de de 3,34 × 2,54 mètres, obtient le prix spécial du Salon puis, la même année, la médaille d’or de l’exposition universelle de Paris. Friant est fait Chevalier de la Légion d’honneur.
En 1900, il reçoit à nouveau la médaille d’or pour l’exposition universelle de Paris. Il est nommé officier de la Légion d’honneur en 1901.
En 1914, Friant a 51 ans. Trop âgé pour la mobilisation, il met son talent au service de l’armée et reste à Nancy pour être au plus près des zones de combat. Il réalise de nombreuses affiches visant à soutenir l’effort de guerre et accepte quatre missions artistiques aux Armées.
En 1923, il devient membre de l’Institut (Académie des Beaux-arts) et en 1931 il est fait commandeur de la Légion d’honneur. Il meurt à Paris le 9 juin 1932, à l’âge de 69 ans. Il est inhumé au cimetière de Préville à Nancy.
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